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05 Décembre 2010
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Les vétérinaires, les ‘nutritionnistes’ canins, les firmes d’aliments pour animaux vous diront que les régimes crus ne respectent pas les normes établies pour la nutrition animale, les normes AAFCO (Association of American Feed Control Officials -en français Association des Agents Américains de Contrôle de l’Alimentation Animale).
Quelles sont les normes AAFCO ? Comment l’AAFCO en est elle venue à celles-ci ?
Les normes et les profils nutritifs AAFCO sont issus de la collaboration d’experts scientifiques, dans la recherche industrielle, la recherche académique (comme les universités), et la commission réglementaire (National Research Commision, NRC –en français Commission Nationale de Recherche). Ces experts ont consulté la littérature scientifique et les informations à leur disposition, puis leur collaboration a abouti à l’établissement de profils nutritifs. C’est profils nutritifs ont une seule fois été mis à jour, et il est prévu qu’ils le soient à nouveau. A ce stade je voudrais souligner que les lois Naturelles de la nutrition pour les chiens, les furets et les chats n’ont pas changé ces derniers milliers d’années, depuis l’existence de ces espèces (des centaines de milliers d’années, voire des millions si vous comptez leurs ancêtres).

Certains affirment que les profils AAFCO sont les meilleurs qui soient, mais d’autres affirment que les profils AAFCO sont simplement ‘mieux que rien’. En réalité, ces normes peuvent endormir les gens dans un faux sentiment de sécurité sur la nourriture avec laquelle ils alimentent leurs animaux de compagnie. Ils pensent qu’elle est complète sur un plan nutritionnel, alors qu’elle peut en réalité ne pas l’être. De plus, les profils AAFCO n’ont pas été testés ou reproduits (alors qu’un des plus grands principes de la science est qu’une méthode doit être reproductible et les résultats vérifiables). Il n’y a pas d’étude qui démontre “leur adéquation ou leur inadéquation” (Quinton Rogers, revue professionnelle vétérinaire DVM, Docteur es Sciences, cité dans “Pratiques d’une alimentation alternative” par Susan Wynn). Il s’agit, tout au mieux, de suppositions sur ce dont vos animaux ont réellement besoin, et reposent sur des principes loin d’être scientifiques.
Plusieurs autres éléments sont faux dans les normes sur lesquelles l’AAFCO s’appuie pour garantir que la nourriture est 100% ‘complète et équilibrée’. Les normes ont été établies sur la base d’une croyance selon laquelle les chiens, les chats et les furets sont omnivores et peuvent être correctement alimentés avec un régime à base de céréales. Ces normes ne conviennent donc pas pour un régime cru. Pourquoi ? Premièrement, pour obtenir des analyses nutritionnelles, la nourriture doit être dénaturée chimiquement, cuite, purifiée, et subir toutes sortes de manipulations, ce qui signifie que tout résultat n’est qu’une vision faussée du produit de départ. Cela signifie également que les interactions entre les éléments nutritifs ne sont pas prises en compte, car chaque élément est étudié séparément et non en présence des autres (et ce point sera discuté plus loin).
En deuxième lieu, les profils de la NRC (que l’AAFCO utilise pour développer les siens) supposent 100 % de biodisponibilité. Cependant, si un carnivore est alimenté comme un omnivore, il y a de bonnes quantités d’éléments nutritifs non assimilés car contenus dans les végétaux qu’il ne digère pas. Les phytates en particulier (contenus en abondance dans les céréales et les produits dérivés du soja, que les croquettes contiennent en abondance) sont bien connus pour interférer avec des éléments importants comme le fer, le zinc et le calcium.
Donc, vous devez donner plus d’aliments à votre animal afin qu’il reçoive tous les éléments nutritifs dont il a besoin ; ce dont le carnivore a réellement besoin et utilise N’EST PAS la même quantité d’éléments nutritifs ajoutée au départ. Il en résulte des profils déformés et biaisés, dans la mesure où ils listent les quantités apportées au départ et non celles réellement absorbées. Ainsi, la biodisponibilité est inférieure à 100 % et les éléments nutritifs tels qu’ils figurent dans les normes sont totalement inadaptés aux besoins réels des carnivores.
Il y a une troisième raison pour laquelle les normes AAFCO ne sont d’aucune utilité pour l’alimentation crue. Il faut prendre en compte le fait que la nourriture est crue et non pas cuite. Les normes AAFCO se basent sur une alimentation cuite ou élaborée (élaborée pour être évaluée), une alimentation qui a donc déjà une valeur nutritionnelle réduite par la cuisson ou sa préparation. La cuisson modifie les protéines et le collagène, détruit d’importants éléments nutritifs, et rend généralement les aliments moins digestes et d’une moindre biodisponibilité (à l’exception des céréales et des légumes, qui comme nous l’avons déjà vu, ne devraient pas être donnés aux carnivores). Cela veut dire que des vitamines et minéraux essentiels doivent être ajoutés après coup. Mais combien ? En quelles quantités ? Des recherches ont montré que les vitamines de synthèse n’ont pas la même efficacité que les naturelles (par exemple dans la nourriture crue). De plus, de nombreuses vitamines et minéraux ont des interactions, aussi bien négatives que positives. Par exemple la vitamine C augmente l’assimilation de fer, tandis que la vitamine E l’inhibe. La vitamine C diminue également l’assimilation de Zinc et de Manganèse, là où la vitamine E aide à leur meilleure assimilation. La nourriture industrielle pour animaux de compagnie devrait contenir tous ces éléments, mais le sont ils en bonne quantité ? Et qu’est au juste ‘la bonne quantité’ ? Nous avons déjà parlé de la difficulté d’établir celle-ci. Ont-ils des méthodes pour contrôler les interactions complexes entre tous ces éléments nutritifs ? Dans la mesure où les essais d’alimentation ne s’intéressent qu’à la palatabilité (ou appétibilité, qui provoque la réaction des sens de l’animal), la survie, et l’apparente bonne santé, ces interactions complexes sont laissées pour compte. La cuisson et la préparation des aliments tuent également les enzymes qui aident, lors de la digestion, l’assimilation des éléments nutritifs, ainsi la biodisponibilité des vitamines et des minéraux dans les aliments cuits est fortement réduite (Lonsdale, T. 2001. Raw Meaty Bones. Chapter 4).

Finalement, regardons ce qu’il en est vraiment des essais d’alimentation de l’AAFCO. Sont ils réellement le ‘label de certification’ affiché par les fabricants d’aliments pour animaux de compagnie ? Les essais d’alimentation de l’AAFCO consistent en un groupe de huit chiens qui reçoivent un même régime pendant 26 semaines (environ six mois). Pendant cette période, deux des huit chiens peuvent mourir et l’aliment pourra tout de même réussir le test. Dès lors que les chiens restants paraissent en bonne santé, ont des poids acceptables, et respectent certains critères sanguins, l’aliment est jugé correct et est considéré comme ‘complet et équilibré’ pour tous les stades de croissance testés (chiot, adulte, maintien de la forme, animal âgé, etc…). Alors il peut nourrir votre animal pendant une période bien plus longue que les 26 semaines de test. Cependant, les essais d’alimentation de l’AAFCO N’ONT PAS été conçus pour mesurer les effets à long terme des régimes du commerce. Cela figure clairement dans leur cahier des charges (Lonsdale, T. 2001. Raw Meaty Bones, p. 216). Les essais de l’AAFCO ont été conçus pour que les aliments pour animaux de compagnie ne soient pas “dangereux pour l’animal et puissent satisfaire le stade de croissance indiqué” (p. 216, Raw Meaty Bones). Les protocoles de l’AAFCO N’ONT PAS été conçus pour “étudier les relations de l’alimentation à la santé à long terme ou à la prévention des maladies” (p. 216). Si un animal vit de croquettes pendant six mois sans maladie visible, alors le produit est considéré comme apportant une alimentation 100 % complète et équilibrée, même si des déficiences nutritionnelles apparaissent plusieurs années après. Ces aliments “complets et équilibrés” et “sans danger” peuvent détruire la santé à long terme et causer des maladies, et pourtant être vendus comme un aliment sain pour votre animal. Cela a été PROUVE. ON pourrait citer comme exemple cet aliment du commerce à l’agneau et au riz, qui bien qu’ayant satisfait ou dépassé les seuils des profils de l’AAFCO, et ayant réussi le protocole d’alimentation, ont causé une déficience en taurine chez les chiens l’ayant consommé (Torres, C.L. ; Backus, R.C. ; Fascetti, A.J. ; et Rogers, Q.R. Taurine status in normal dogs fed a commercial diet associated with taurine deficiency and dilated cardiomyopathy. Journal of Animal Physiology and Animal Nutrition. 87 (2003) 359-372). Les chiens ont souffert de cardiomyopathie dilatée ; ce qui est particulièrement déprimant, c’est que les chiens peuvent synthétiser la taurine à partir des acides aminés directement disponibles (du moins dans la nourriture crue) méthionine et cystéine (alors que les chats ne le peuvent pas), et pourtant ils ont tout de même développé une cardiomyopathie dilatée avec cet aliment certifié AAFCO ! Au final, la taurine est ajoutée dans de nombreux aliments commerciaux, mais qu’en est il des propriétaires dont les animaux sont tombés gravement malades et sont peut être morts de cette négligence ? Quelles autres “négligences inconnues” attendent d’être découvertes à travers plus de douleurs et d’angoisses infligées à nos animaux ? On trouvera d’autres exemples de ‘négligences’, comme avoir du rajouter de la taurine dans les aliments pour chat après que certains d’entre eux soient devenus aveugles et aient développé des problèmes cardiaques, ou bien l’ajustement permanent du rapport calcium/phosphore dans les aliments pour chiots pour prévenir de malformations des os et de problèmes de croissance (qui subsistent malgré ces divers ajustements de compléments). Il est intéressant de noter que le calcium naturel dans les os crus ne cause pas ces malformations à un degré aussi élevé que ne le fait le calcium artificiel. Il faut apporter via des os BEAUCOUP plus de calcium naturel pour atteindre le même niveau de malformations du squelette chez des animaux nourris à l’alimentation industrielle. Tout ce que les chercheurs avaient à faire était de se tourner vers la nature pour trouver les proportions correctes.
Heureusement on voit bien maintenant pourquoi les normes de l’AAFCO n’ont aucune utilité et pourquoi les fabricants de nourriture pour animaux de compagnie doivent compléter à outrance leurs aliments – dont les effets NE SONT PAS suivis au-delà des six mois d’essai d’alimentation AAFCO. L’ensemble du système est dans le faux, mais c’est le mieux dont dispose l’industrie des aliments pour animaux. Si c’est la meilleure chose dont dispose cette industrie, alors qu’attendre de leur alimentation ‘complète et équilibrée’ ?
Comparez tout cela avec une proie entière. Le “meilleur” d’une alimentation crue est une dure bataille pour la survie qui porte sur plusieurs millions d’années. Les espèces ont évolué et se sont adaptées à leur environnement, ayant toujours à leur disposition les proies pour une alimentation crue. Si les loups et les chiens ont pu survivre aux pires conditions naturelles, que cela signifie-t-il pour les régimes crus ? Une proie entière (sans préparation et NON hachée), ou l’ensemble des aliments crus, contiennent la proportion exacte de lipides, protéines, vitamines, minéraux et enzymes. Il est bien difficile de vérifier cela en laboratoire, car l’expérience elle-même modifie les proportions parfaites. Le laboratoire de la Nature est notre connaissance de sa perfection. Les loups, autres canidés et félins, ont survécu et se sont développés grâce à cette nourriture, même s’ils ont eu à affronter d’intenses pressions et épreuves (souvent dues à l’homme). Les carences nutritionnelles apparaissent parce que l’animal ne peut se procurer suffisamment à manger, et non pas parce que la nourriture manque d’éléments nutritifs. Qui sommes nous pour penser que nous pouvons faire mieux que la nature ? Pour plus d’infromations, consultez Raw Meaty Bones.
Avec l'aimable autorisation de l'auteur © : Carissa
Traduction © : Dom






